Professeur Capretz nous répond !

capretz1At long last we have what we’ve been waiting for (the delay is all my fault): answers to our many questions from our Dear Professor, Pierre Capretz.  I organized our questions, including my own, into five categories: I. biographical, II. creation and development of FIA, III. casting, IV. controversies, V. the future of FIA and VI. miscellaneous.  We have answers to the first two categories below and the others are on the way.  This is without doubt the best thing to ever happen to this blog and for FIA fans like us in a long time.  I am so grateful to the Prof. Capretz for taking his time to inform us and humor us.  He gives us some great insights into the early history of FIA.  I tried to phrase my questions en français and my apologies to all real French speakers.  J’attends avec impatience la suite!

I. Questions biographiques

Q: FIA fan Gianni a demandé : Où avez-vous passé votre jeunesse?

Dans le Sud de la France, puis à Paris.

MeBdG: Où avez-vous fait vos études?

Les études secondaires à Bagnères-de-Bigorre dans les Hautes-Pyrénées,

les études supérieures : un an à l’Université de Toulouse (Lettres et Droit) et, de 1944 à 1949, à Paris: Ecole de Droit et Sorbonne (Lettres)

Q: Avez-vous fait des cours pour enseigner le français comme langue étrangère et si c’est le cas, où ça?

Oui, bien sûr! Beaucoup! De 1949 à 1956 à l”Université de Floride, à Gainesville, et de 1949 à 1999 à Yale University.

MeBdG: Comment êtes-vous arrivé à Yale, et qu’est-ce que vous avez fait avant?

J’ai eu la chance d’être invité par le Professeur Henri Peyre , qui était alors le chef du Département de Français. Avant, j’ai enseigné å Gainesville, à l’Université de Floride.

MeBdG: Etes-vous marié ? Avez-vous des enfants ?

Marié? Oui, de 1949 à 1976. Des enfants? Oui, quatre garçons.

MeBdG: Avez-vous des intérêts ou des passe-temps en dehors de la pédagogie du français ? (J’espère que oui. Que sont-ils ?)

Oui, essentiellement, explorer, photographier, filmer certains aspects de pays comme la France, la Grèce, la Sicile, la Tunisie, Zanzibar, l’Espagne, le Portugal, Tahiti et autres îles du Pacifique, les Antilles, le Mexique… Dans des temps plus  anciens j’ai beaucoup aimé explorer la France à vélo, faire de l’escalade, de la voile et, bien sûr, aussi, un peu de ski, comme, tout le monde. Et aussi, je me suis amusé à essayer de sculpter des morceaux de bois ou de marbre, émailler des petits bouts de cuivre… Toujours avec l’idée que ça pourrait, peut-être, un jour, servir d’une façon ou d’une autre à agrémenter quelque aspect d’une meilleure façon d’enseigner le français…

“Tout peut servir” comme dit Tante Georgette qui collectionne les bouts de ficelle.

II. Création and développement

MeBdG: Je suis très intéressé d’apprendre plus au sujet de l’histoire de la FIA. Est-ce que les personnages de Robert et Mireille sont développés dans le cursus «Méthode de Français» qui a précédé le FIA et qu’est-ce que c’est l’histoire de ce cursus ? Par qui sont les personnages de Robert Mireille créés? Etait-ce la première mise en œuvre de la méthode «d’immersion» pour la pédagogie des langues ? S’il vous plait, donnez-nous une petite généalogie/histoire de la FIA, ses personnages et leurs origines.

Une histoire du développement de FIA serait trop longue et complexe pour  être faite ici. En effet, j’ai commencé à en bricoler les premiers éléments – usage du son et de l’image – dès que je me suis trouvé confronté  à la difficile tâche d’enseigner un cours de première année, il y a quelque soixante ans, en1949. Pendant la trentaine d’années suivantes, j’ai été amené à produire une demi-douzaine de versions successives avant d’aboutir au FIA d’aujourd’hui.

Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, Jean Boorsch, dont j’ai eu , par la suite, l’honneur et le plaisir d’être le collègue et l’ami à Yale, avait produit pour l’ASTP (Army Special Teaching Program) une méthode à composante orale absolument remarquable par sa précision et sa concision. Il y figurait deux personnages dont un s’appelait Mireille et l’autre Robert.

Entre 1960 et 1961, Jean Boorsch et moi-même avons beaucoup travaillé sur une  méthode orale, qui n’a jamais été publiée, et dans laquelle nous avions conservé les noms de ces deux personnages.

J’ai pieusement conservé ces deux noms, en hommage à la “Méthode Boorsch”, dans chacune des moutures de ma propre « méthode » qui se sont succédées tous les deux ou trois ans avant d’aboutir à l’actuel FIA. J’ai eu l’occasion de développer progressivement les personnages eux-mêmes au cours de cette évolution.

MeBdG: Barry Lydgate est crédité comme co-auteur de la FIA. Qui est Barry Lydgate et comment se déroulait votre partenariat ? Quelles étaient vos rôles respectifs dans la création de la FIA ?

Barry Lydgate avait été un de mes élèves dans un cours  ‘undergraduate’ à Yale. Par la suite, devenu ‘graduate’ étudiant, il a enseigné « la méthode » dans la forme dans laquelle elle se trouvait alors : une centaine d’heures d’enregistrements audio, plusieurs centaines de diapositives et une vingtaine de petits fascicules polycopiés. Après avoir reçu son PhD il a quitté Yale pour prendre un poste à Wellesley College où il a importé la « méthode ». Peu après, il  a téléphoné :

- « Cette méthode est formidable… Il est scandaleux qu’elle ne puisse être utilisée que par les cinq ou six institutions qui ont eu la chance de la découvrir et de se la procurer. Il faudrait pouvoir la mettre à la disposition de tous ! »

- « Bien sûr, Barry, ma  méthode est formidable… mais pour la publier convenablement  il faudrait de la vidéo , avec des acteurs etc. Il faudrait des millions ! »

- « Il faut  demander à une Fondation. »

- « Barry, je ne me vois pas prenant le téléphone et appelant une fondation quelconque : « Allo, j’ai une méthode formidable, vous pourriez me donner deux ou trois millions pour la publier ? … »

- « Moi, ça ne me dérangerait pas », a répondu Barry, et il l’a fait !

Trois ans plus tard, après quelques autres centaines de coups de téléphone et interventions, nous avions assez de fonds pour commencer le projet .

Tournage de « l’histoire » en France, de « la classe » à Wellestley, post-production à Cambridge, préparation du matériel imprimé à  New Haven etc.  Entre autres choses, c’est Barry qui a fait le Instructor’s Guide, pas une mince affaire.

MeBdG: Comment arrive-t-il le développement et la production de la série video avec Annenberg CPB? Qui a abordé qui avec l’idée pour FIA ?

Voir plus haut.

Q: FIA fan Terry asks “1) Why were no transcripts ever published for the various film and TV bits, and the various “vignettes” of the cast that were outside the script? Some of these I have not decoded after numerous watchings. When I first watched (1987) I thought this might be an immersion course with no written materials, but then I discovered the textbook with the script. The script should have included all the other spoken French parts.

You are right, the very essence of this approach is immersion into authentic, live material, as captured through video. This is just the opposite of a traditional textbook which presents language in printed form. The idea is to reach some general understanding through multiple  repetitions of an item and  comparisons with other similar  situations in which the item appears ( hence the multiplication of clips from various  movies, TV, advertisements and other sources).

Intensive, repeated watching of one given item  may not lead to the decoding of  what is heard. The purpose is not decoding  but rather getting a sense of what is heard in some situations. The idea is not to get stuck too long on one item but to  explore further. Meaning will  appear, eventually, as by magic, perhaps much later. The secret is patience and exploring as much material as possible. (There are some  26 hours of it…)

The Textbook is not a transcription of the video. It is a book version of the story, not  its script. The relationship between the Textbook and the video is similar to that between  the novel Gone with the Wind and the movie version… Except that in the case of the movie adaptation the film was made after the novel while in our case the Textbook was written ( by Marie-Odile Germain, Conservateur Général des Manuscrits Français, Bibliothèque Nationale de France) based on the video story film. This written text should be consulted only after long serious work with the video.

Q: encore de FIAfan Terry: Recently watched the last 40 episodes (basically backwards in order) and at this remove I was struck with how unpleasant many of the personalities seemed , especially Robert (indeed stalking Mireille) , but Mireille herself (very selfish) , Jean Pierre and others. Was there a reason for this?”

Is Robert indeed « stalking » Mireille?  Isn’t he rather trying simply to meet her as any well-bred young man would do with someone he is attracted to? In fact, is he not at all times very discreet?

Now, Jean-Pierre is an obnoxious  « dragueur » and is presented as such. He is the bad guy… he  even smokes !

Is Mireille more selfish than the average young woman, or, for that matter, than most of us ?

It is important to keep in mind that the whole story is told tongue-in-cheek…The character themselves talk « tongue-in-cheek » most of the time.

MeBdG: Le ramassage de tous les clips de video utilisés par FIA a dû nécessiter une connaissance énorme du cinéma et télévision français, non ? Qui a fait ce travail ?

Bien sûr, il n’était pas possible de concevoir un programme semblable sans avoir quelque idée des films, programmes télé, publicités, dessins humoristiques existants qui pourraient être utilisés. Mais rechercher dans les archives des compagnies de cinéma, de télévision, de publicité, de l’INA  etc., les milliers de clips nécessaires était véritablement un travail de bénédictin. C’est Michelle Bonnet, alors professeur à la Sorbonne, maintenant à l’Université de Besançon, qui l’a accompli avec un flair exceptionnel et un dévouement exemplaire.

MeBdG: Il me semble que l’histoire de Robert et Mireille peut être vue comme une parodie d’une romance traditionnelle.  C’était votre intention ?

Il est  vrai que c’est une  variation  sur la  trame  traditionnelle  boy  meets  girl dans  la  veine  d’un  conte  à la  Rohmer. Peut-être  plus  qu’une  parodie, c’est  un jeu  avec  les  codes  des  histoires  d’amour.

4 Réponses

  1. I am hoping for FIA to take life again and continue where it left off. It you want to teach us the French Language you must continue, otherwise it is just going to become trivia material. You are not done here Professor. I have watched the whole series several times and still only understand 60 to 70 percent. There is no equivalent of FIA in the USA and I for one want to see it continue. It would be so really exciting to see new episodes, even if you use new actors, we can handle that, so there is a challenge for you. Are you up to it?

  2. When I first discovered the course "French in Action" in 1987 I had already taken 4 years of French in school. I was amazed that there was a course that was so different from textbook French. I thought "This is how French should be taught. This is the real French". I just recently bought the course and never tire of watching the episodes again and again. When I watched the last episode recently I actually cried watching the silhouettes of Mireille and Robert against the sunset "going on to new adventures". Everything about the course was beautifully, exactly and artistically done. Hopefully I will eventually be fluent in French due in part to the inspiration of "French in Action".

    Merci, Pierre Capretz, for giving the world a course like "French in Action".

  3. C’est genial de lire des reponses de Prof. Capretz! Le professeur a eu une tres grande influence sur ma vie. C’est largement a cause de FIA que je me suis interesse a la langue francaise, et c’etait une motivation pour moi de faire mes etudes en france dans les annees 90.

  4. I am honored to have a response from M. Capretz. However, I wonder what happens when, even after many listenings, the "magic" does not occur. Many of the responders to this blog, like myself, use the French in Action videos for self-learning. With no instructor, no script for the vignettes and movie/TV exerpts, and no magic, how is one to proceed?
    The most progress I made (after watching French in Action) was from using the Champs Elysees recordings, which are accompanied by a script that includes every word (and hesitation), altho those are surely less naturalistic than FIA.
    Also, I once found a Folkways record(LP) that had M. Capretz and other professors reading French short stories. (From 1961, including Maupassaunt and Merimee, and apparently still available under Smithsonian Folkways). It is a long way from those stories to Mireille and Robert. Did M. Capretz change
    his teaching philosophy along the way?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 28 autres abonnés

%d bloggers like this: